Conférence du président de l’Association des compétences algériennes à l’étranger (ACA) au Forum d’E


L’ambitieux programme de 1.000 chercheurs algériens
Mardi 21 août 2007

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Un millier de chercheurs algériens expatriés, regroupés au sein d’une association nouvellement créée, ont convenu d’un programme ambitieux, annoncé hier, à Alger, pour aider la communauté scientifique et les entreprises nationales dans les technologies de pointe.


"L’Algérie a besoin de ses chercheurs qui sont partis à l’étranger et nous, nous voulons faire connaître notre disponibilité", a déclaré le président de l’Association des compétences algériennes (ACA), Mohamed Boudjelal, lors d’une conférence au forum d’El Moudjahid.

L’ACA, née en avril dernier à Alger, s’était donnée comme premier objectif de se structurer pour constituer une "interface" à la fois entre les chercheurs algériens établis à l’étranger et ceux restés en Algérie, et entre les expatriés et les "autorités concernées", a-t-il expliqué.

"C’est désormais chose faite", s’est félicité M. Boudjelal, docteur en biochimie et chercheur dans le domaine de la pharmacie industrielle en Grande-Bretagne.

Les chercheurs de l’ACA "proposent de donner des cours intensifs dans les universités algériennes, durant les vacances d’été", lorsqu’ils viennent retrouver leurs familles en Algérie. Il s’agit de cours "de haut niveaux, homologués par des universités européennes et américaines", a-t-il précisé". "Si les choses marchent, nous espérons même lancer des universités d’été et d’automne", a-t-il dit. "Nous voulons également co-encadrer les étudiants algériens qui bénéficient d’une bourse à l’étranger, dont certains ont parfois du mal à s’en sortir", a ajouté M. Boudjelal.

L’ACA ambitionne aussi d’"aider à la publication, dans les revues internationales, des articles scientifiques produits au sein des universités algériennes, pour les faire connaître au niveau mondial", a-t-il indiqué.
Il a affirmé que tous les membres de l’ACA étaient désintéressés et n’étaient motivés que par l’envie d’"aider le pays". "Nous ne voulons ni salaire, ni emploi, ni maison, ni aucun autre privilège. Nous demandons seulement qu’on nous ouvre les portes", a-t-il déclaré. Le président de l’ACA a indiqué avoir eu des "contacts" avoir des responsables du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en vue de créer un "partenariat".


"Nous avons été bien accueillis. Nous sommes en train de bâtir la confiance entre nous et le ministère", a-t-il déclaré.
"Le partenariat entre l’Algérie et les différents pays du monde est quelque chose de bien en soi, mais personne ne peut aider l’Algérie, pour le transfert de technologies par exemple, comme ses propres enfants", a affirmé de son côté Djaouida Chennaf, professeur en géotechnologie exerçant au Canada. Enthousiaste, Mme Chennaf s’est félicitée de l’engouement au sein des chercheurs algériens expatriés pour tout ce qui touche à l’Algérie. "Nous avons démarré à l’ACA avec 80 chercheurs. Aujourd’hui, après seulement trois mois d’existence, nous en sommes à mille", a-t-elle relevé. Interrogé par l’APS en marge de la conférence, M. Boudjelal a confirmé l’existence de cet engouement, même parmi les chercheurs algériens les plus connus, dont l’emploi du temps est des plus chargés, à l’instar du Dr Elias Zerhouni, directeur général des instituts nationaux de santé américains, qui est membre de l’ACA. Le président de la Fondation nationale pour la promotion de la recherche scientifique dans le domaine de la santé (FOREM), Dr Mustapha Khiati, a pour sa part souligné le "défi" auquel est confrontée, selon lui, l’université algérienne, "qui accueillera 1,2 million d’étudiants en 2009". Les universités algériennes "ne sont pas connues, parce qu’elles publient pas ou peu. Sur les 57 existant au niveau national, seules 18 sont mal-classées au niveau du monde musulman, sans parler du niveau mondial", a-t-il déploré. Les "compétences" expatriées algériennes, "qui sont entre 30.000 et 100.000, peuvent apporter une aide précieuse au pays", a estimé le président de la FOREM, qui apporte un soutien organisationnel à l’ACA.
APS

Le centre de presse Mohamed Abderrahmani d’El-Moudjahid a abrité, hier, une conférence de presse sur les compétences algériennes à l’étranger. Organisée par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), cette rencontre a été animée par le Dr Boudjellal, président de l’ACA et chercheur à l’université de Londres, et Mme Djaouida Chenaf, professeur en génie civil au Collège militaire royal du Canada et membre de l’Association, en présence du Pr Khiati, président de la FOREM.

Après avoir observé une minute de silence à la mémoire des chouhada à l’occasion de la Journée du moudjahid qui coïncide avec le 20 août, le Pr. Khiati a insisté sur l’importance de cette association non lucrative qui regroupe actuellement près de 1.000 compétences algériennes installées à l’étranger et qui est destinée à «la gestion stratégique du développement des sciences». Pour sa part, le Dr Boudjellal a présenté la plateforme d’action de l’ACA et les activités qu’elle compte développer en Algérie, en rappelant l’ordre du jour dynamique et ambitieux de cette jeune association qui a été créée en avril dernier. « Dès lors, l’ACA a soulevé très rapidement l’intérêt d’un nombre croissant de professionnels algériens tant dans le domaine universitaire, scientifique que dans le monde des affaires en Algérie aussi bien qu’à l’étranger».

Pour le Dr Boudjellal, l’ACA est en train d’établir une structure qui lui permettra de réaliser ses projets et ses objectifs. S’agissant de la vision de cette Association, le conférencier a précisé que la composante de cette dernière lui permettra d’être l’organisation la plus utile tant pour le secteur publique que pour le secteur privé national. «Cette situation attire davantage les compétences algériennes et leur donne l’opportunité de contribuer à la croissance de la science, de la technologie et de l’économie nationale. L’ACA deviendra ainsi un lieu où les compétences algériennes pourront se rassembler, se rencontrer et travailler ensemble».
Répondant à une question liée aux missions de cette Association, le président de l’ACA a cité la nécessité «de faciliter la collaboration entre les compétences à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du pays afin de participer au développement de la science, des technologies et du savoir-faire algérien dans tous les domaines. Concernant le nombre des compétences à l’étranger, il a répondu que ce dernier varie entre 30.000 et 100.000 diplômés et expérimentés dans plusieurs domaines.

Concernant les activités actuelles de l’ACA, le conférencier a souligné que ces dernières sont centrées sur des programmes liés aux relations publiques, au développement professionnel, aux réseaux de contacts professionnels, à la recherche et au développement.
Il a par ailleurs indiqué que pour réaliser ce projet, l’ACA publiera un catalogue de cours intensif qui seront donnés par des membres de l’Association dans leurs domaines respectifs d’expertise.


A ce propos, Mme Chenaf a précisé dans son intervention que l’ACA invitera les compétences algériennes, parmi les plus expertes et les plus renommées, à participer à ce programme. «Ces cours intensifs obtiendront l’accréditation soit d’une université soit d’un établissement prestigieux. Dans ce but, ACA évaluera tous les cours qui lui seront proposés avant de les suggérer aux universités et aux établissements algériens». Répondant à une question liée au but essentiel du programme de cours intensifs d’ACA, la conférencière a précisé que l’objectif visé par ces cours «est de servir de catalyseur significatif pour l’Algérie dans les domaines de la croissance économique, intellectuelle et culturelle ainsi que de la science, de la technologie et du savoir en général. De plus, le programme créera des liens de collaboration et d’échanges entre les compétences algériennes qu’elles soient en Algérie même ou à l’étranger».
Les deux conférenciers ont annoncé l’organisation d’une seconde conférence des compétences algériennes qui se tiendra en avril 2008 à Alger.
Sarah SOFI

Ils ont dit …


Docteur Djaouida Chenaf
“Il y a malaise dans la recherche en Algérie”
Interrogé sur le domaine de la recherche en Algérie, le docteur Djaouida Chenaf, professeur en génie civil au Collège militaire royal du Canada et expert géotechnique et en hydraulique, a répondu avec regret qu’on constate actuellement un malaise en Algérie.
«La recherche en Algérie n’a pas bénéficié de toutes les chances pour se promouvoir et se développer pour atteindre un certain seuil de satisfaction», expliquera t-elle.
«Plusieurs causes sont à l’origine de cette situation, entre autres les dépenses dans le domaine de la recherche en Afrique en général sont insuffisantes» ajoutera-t-elle.
Par ailleurs, la chercheuse, qui a suivi ses études et enseigné à l’université de Bab-Ezzouar, a évoqué le volet formation et réformes qui, pour elle, leurs fruits se verront à long terme, mais ils doivent être suivis de recyclages des effectifs assurant le déroulement de ces réformes, notamment l’enseignant qui est la pierre angulaire dans ce programme. «Il faut savoir que l’évaluation de l’enseignant se fait par rapport à l’étudiant», indiquera-t-elle.
Quant à l’introduction du nouveau système LMD au niveau des universités algériennes, le docteur Chenaf a mis l’accent sur la stratégie entamée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, concernant le maintien pendant la période de transition de l’ancien système de troncs communs qui permettra, selon elle, de faire une évaluation de la situation et de déterminer l’efficacité du nouveau système dans la poursuite des objectifs tracés par ces réformes, visant à donner une nouvelle dynamique basée sur la formation de haut niveau. Par la suite, elle a évoqué le système BMD (Bac, master, doctorat) suivi au niveau des universités canadiennes qui a prouvé son efficacité, grâce à un environnement approprié, notamment en matière des coopérations et des stages.
La chercheuse, qui est installée au Canada, assure actuellement le travail d’expertise pour la réalisation d’une piste d’atterrissage à l’aéroport d’Oran.

Docteur Mohamed Boudjellal
“Il faut orienter la recherche”
Le docteur Mohamed Boudjellal, PhD en biochimie et en biologie moléculaire à l’université de Londres, a rappelé l’importance d’orienter le domaine de la recherche pour subvenir aux besoins de la population avec méthodologie.
«Il faut savoir que le domaine de la recherche est vaste et sensible, nécessitant beaucoup d’attention et d’investissement pour la réalisation de ses objectifs», précisera-t-il. Le docteur Boudjellal, qui est également président de l’Association des compétences algériennes (ACA), est certain que les compétences algériennes sont aptes à prendre en charge le domaine de la recherche, mais il faut s’investir davantage.
«Il y a lieu de noter que cette Association, qui est un carrefour des connaissances pour les scientifiques, vise notamment à développer l’esprit de l’élite et à créer des liens entre les chercheurs algériens résidant en Algérie et à l’étranger», expliquera-t-il.
Kamélia H.